Ce matin, j'écoutais VIVACITE, ma radio préférée, et surprise agréable l'émission était consacrée à l'usage de la langue wallonne. J'y ai entendu bien des choses, des très bonnes, des bonnes et des moins bonnes (ça c'est pour être poli). Une réflexion d'un auditeur m' a fait bondir : pour lui en Wallonie, la langue maternelle est le français et la seconde langue le néerlandais.
Là, je m'insurge en faux : ma langue maternelle est la wallon, ma seconde langue :le français . Il ne faut tout de même pas oublier que le wallon est utilisé depuis le 8e siècle (le roman) et qu'il est la plus vieille langue d'oil parvenue à survivre à l'ombre du français . Ce n'est qu'au 19e siècle que le français s'est imposé comme langue prioritaire, rejetant le wallon comme une langue de "pauvres". Je me souviens encore qu'à l'école (dans les années 1940), on considérait les enfants (et par conséquent leurs parents) qui parlaient wallon comme des "petits crapuleux" ! Ce qui ne nous empêchait pas entre-nous de le parler .
Heureusement, on en est revenu et Vivacité l'a souligné avec force. N'oublions pas non plus qu'un décret de la Communauté française a reconnu l'existence de langues endogènes en son sein et estmé qu'elles devaient être étudiées de façon à en encourager l'utilisation . Malheureusement, cette bonne intention n'a pas été suivée de msesures permettant de l'appliquer.
La langue wallonne exprime des réalités humaines : on parle des gens pas de concepts, elle exprime ainsi l'homme, le quotidien . En saisir le génie, c'est entrer dans l'histoire intime d'un peuple . C'est aussi rejoindre les vérités universelles parce que la wallon va à l'essentiel et que ses fondements sont ceux de l'être humain : ce qu'il dit, ce qu'il exprime, tient en deux termes : la vie et la mort.
Le wallon exprime des réalités humaines, il n'a que faire des abstractions et s'il ressent le besoin d'en exprimer,il va recourir à une combinaison de mots "matière" pour créer une image, d'où la richesse des ses idiomes, de ses expressions . Les traduire, c'est souvent les trahir.
Certes, je sais qu'on va me sortir l'argument "mais il y a plusieurs dialectes wallons et ils sont différents". Je répondrai que s'il y a plusieurs wallons, nous arrivons toujours à nous comprendre sans devoir faire d'études spéciales . Moi, je parle le wallon de Liège, mes fils nés et grandis à Mouscron parlent picard et me comprennent comme je les comprend...Quant à mes petits -enfants, et bien, ils connaissent aussi bien le liégeois que le chti . Et la première chanson non française qu'ils ont apprise (et qu'ils connaissent toujours) c'est "Li Ptite Gayole".
Soyons donc fiers de notre langue maternelle LE WALLON, parlons la de façon régulière . Soyons fiers de nos accents...ce sont les parfums de nos racines !
Oufti ! J'espère ne pas avoir été trop long et â r'vèy turtos !